Koï et fortes chaleurs : quand le manque d’oxygène dans le bassin devient une urgence
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Patrick Tschumi
- 5 juil. 2026
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Les températures de l’eau autour de 30 °C et au-delà représentent une contrainte sérieuse pour un bassin à Koï. Ces derniers jours, nous avons été confrontés à plusieurs cas aigus de manque d’oxygène, jusqu’à des Koï qui commençaient déjà à perdre l’équilibre. Nous t’expliquons comment reconnaître les signes d’un manque d’oxygène, pourquoi une aération directement dans le bassin est actuellement essentielle et pourquoi il est important de réduire nettement la nourriture en cas de chaleur extrême.
Les températures actuellement élevées ne sont pas seulement éprouvantes pour nous. Dans un bassin à Koï aussi, chaque degré supplémentaire modifie considérablement les conditions. Et cela souvent bien avant que les Koï ne viennent visiblement chercher de l’air à la surface.
Ces derniers jours, nous avons été confrontés à plusieurs urgences chez des clients, avec à chaque fois un tableau très similaire : les Koï restaient léthargiques juste sous la surface de l’eau, bougeaient à peine et faisaient circuler en permanence de l’eau à travers leurs branchies. Dans un cas, la situation était déjà critique. Les premiers Koï commençaient à perdre l’équilibre.
Dans les deux bassins, la cause était liée au taux d’oxygène.
C’est précisément pour cette raison que nous souhaitons examiner ce sujet de plus près, en raison de la situation actuelle. Car lorsque la température de l’eau approche les 30 °C, une aération installée quelque part dans le filtre peut ne plus suffire.
Pourquoi l’eau chaude du bassin devient rapidement problématique
Le problème de base est purement physique : plus l’eau est chaude, moins elle peut contenir d’oxygène.
À 20 °C, une eau douce saturée en air peut, dans des conditions normales, contenir environ 9.1 mg d’oxygène par litre. À 30 °C, cette valeur n’est plus que d’environ 7.5 mg/l.
La différence est importante.
Mais un bassin à Koï n’est pas un récipient de laboratoire rempli d’eau propre. Dans le bassin, les Koï consomment de l’oxygène. La biologie du filtre a besoin d’oxygène. Les processus de dégradation bactérienne consomment de l’oxygène. Les restes de nourriture, les excréments et les autres matières organiques jouent également un rôle.
Plus la densité de poissons est élevée et plus la quantité de nourriture distribuée est importante, plus les besoins en oxygène de l’ensemble du système augmentent.
C’est exactement là que se situe le problème en cas de chaleur extrême:
L’eau peut contenir moins d’oxygène alors que les Koï et les processus biologiques ont simultanément besoin de beaucoup d’oxygène.
Le manque d’oxygène se remarque souvent à la respiration
Un Koï souffrant d’un manque d’oxygène ne se trouve pas forcément immédiatement à la surface en train de happer de l’air. Par temps chaud, observe donc particulièrement le comportement de l’ensemble de tes Koï. Restent-ils inhabituellement immobiles juste sous la surface ? Se regroupent-ils près des retours d’eau ou dans d’autres zones fortement brassées ? Les opercules des branchies bougent-ils nettement plus rapidement que d’habitude? Un signe particulièrement frappant est lorsque les Koï font circuler presque en permanence de l’eau à travers leurs branchies. Dans ce cas, ils cherchent également volontiers à se poser quelque part lorsqu’ils le peuvent. C’est exactement ce que nous avons observé lors des urgences de ces derniers jours. Lorsqu’un seul Koï présente une respiration anormale, des problèmes de branchies, des parasites ou d’autres causes peuvent également être à l’origine du problème. Mais lorsque pratiquement tout le groupe présente simultanément un comportement similaire et que l’eau est très chaude, le taux d’oxygène fait partie des premières choses à contrôler.
Si les Koï commencent à perdre l’équilibre ou à basculer sur le flanc, la situation est critique.
Il faut alors immédiatement renforcer massivement l’aération. Pas le lendemain et pas après une longue recherche de panne. Si aucune aération n’est disponible, il est possible d’ajouter de l’eau fraîche et froide dans le bassin. Il faut toutefois veiller à ne pas refroidir le bassin de plus de 5 à 6 °C. Un changement de température constitue lui aussi un facteur de stress pour les Koï. Selon la taille du bassin, le refroidissement peut se produire très rapidement ou, au contraire, prendre énormément de temps.
Pourquoi une aération uniquement dans le filtre ne suffit pas
Une phrase que nous entendons souvent est:
«Mon filtre est aéré.»
C’est bien sûr une bonne chose. Une biologie en mouvement nécessite notamment beaucoup d’oxygène et une forte aération du filtre biologique est importante. Mais une chambre de filtration aérée ne signifie pas automatiquement qu’il y a suffisamment d’oxygène dans l’ensemble du bassin à Koï. Dans le bassin, tu as une importante masse d’eau. La répartition de l’oxygène dépend du débit de circulation, de la forme du bassin, de sa profondeur et des différents courants. Une chambre biologique fortement aérée alimente avant tout les bactéries du filtre qui y travaillent et enrichit naturellement aussi en oxygène l’eau qui la traverse. Elle ne garantit toutefois pas une répartition optimale de l’oxygène dans l’ensemble du bassin. C’est pourquoi nous recommandons clairement, dans tous les cas, une aération supplémentaire directement dans le bassin à Koï.
Car que se passe-t-il si le filtre ou la pompe de circulation tombe en panne? Dans ce cas, l’aération du filtre ne t’aide pratiquement plus, car aucune eau enrichie en oxygène ne retourne dans le bassin.
Ce que fait réellement une bonne aération du bassin
L’aération ne consiste pas simplement à faire remonter quelques bulles d’air quelque part dans le bassin. Une puissante colonne d’air crée un mouvement d’eau. Le mélange d’air et d’eau qui remonte entraîne avec lui l’eau des zones plus profondes et la transporte vers la surface. C’est à cet endroit qu’a lieu l’important échange gazeux avec l’air ambiant. Une bonne aération met donc en mouvement une quantité d’eau étonnamment importante. C’est précisément pour cette raison que nous utilisons volontiers de longues barres diffuseuses japonaises dans les bassins à Koï. Une de 75cm produit par exemple une colonne de bulles large et régulière. Correctement installée, elle met nettement plus d’eau en mouvement qu’un petit diffuseur ponctuel. Il est toutefois également important que le diffuseur soit alimenté par une quantité d’air suffisante.
Pourquoi nous recommandons un système d’air de 16 mm pour les bassins à Koï
Pour les installations d’aération plus importantes, nous recommandons généralement d’utiliser un système de 16 mm. La raison est simple: nous voulons transporter une grande quantité d’air de la pompe à air jusqu’aux diffuseurs en limitant au maximum les pertes. Avec de longs tuyaux d’air de petit diamètre, les pertes de pression deviennent rapidement perceptibles. C’est particulièrement vrai lorsque plusieurs diffuseurs de grande taille doivent être alimentés. Cela réduit également considérablement la durée de vie de la pompe à air et de ses membranes. Nous transportons donc l’air dans un tuyau de grand diamètre jusqu’à un répartiteur adapté aux tuyaux d’air de 16 mm. Depuis ce répartiteur, les différents diffuseurs peuvent être alimentés et, si nécessaire, réglés individuellement. L’installation est ainsi propre et la quantité d’air peut être répartie correctement. Une pompe à air puissante ne doit cependant pas être fortement bridée sur toutes ses sorties. La pompe doit pouvoir évacuer le volume d’air qu’elle produit. Une contre-pression élevée en permanence n’est optimale ni pour les performances ni pour la durée de vie de la pompe.
Un diffuseur de 75 cm: Hiblow HP 40
Une combinaison simple et éprouvée dans de nombreux bassins à Koï consiste par exemple à utiliser une barre diffuseuse japonaise de 75 cm avec une . La HP 40 fournit 40 litres d’air par minute. Pour une seule barre diffuseuse japonaise de 75 cm, il s’agit d’une combinaison puissante permettant de créer une belle colonne de bulles et un important mouvement d’eau. La barre diffuseuse doit toutefois être placée de manière judicieuse dans le bassin. Observe les courants existants. Où se trouvent les retours d’eau ? Existe-t-il des zones mal brassées ? Où les Koï se regroupent-ils lors des fortes chaleurs ?
L’aération fait elle aussi partie de l’hydraulique globale du bassin. Elle ne devrait donc pas simplement être installée à l’endroit où elle se voit le moins, mais là où elle ne perturbe pas les courants existants ou, idéalement, les soutient.
Deux diffuseurs de 75 cm: Hiblow HP 80
Si tu souhaites utiliser deux barres diffuseuses de 75 cm, nous recommandons en conséquence une . La HP 80 fournit 80 litres d’air par minute. Avec un répartiteur de 16 mm adapté, l’air peut être réparti entre les deux diffuseurs et réglé individuellement. Cette configuration est par exemple intéressante pour les bassins allongés ou comportant plusieurs zones avec des courants différents. La pompe doit toujours être adaptée au nombre et à la taille des diffuseurs. Une grande pompe à air n’apporte pas grand-chose lorsque les diffuseurs raccordés ne peuvent pas évacuer la quantité d’air produite. À l’inverse, une longue barre diffuseuse ne fonctionne pas de manière optimale lorsqu’elle est alimentée par une pompe nettement trop petite.
Les premières heures du matin peuvent être particulièrement critiques
De nombreux propriétaires de bassins observent principalement leurs Koï pendant leur temps libre et ne voient donc pas toujours tout ce qui se passe. Concernant l’oxygène, il est toutefois important de tenir compte de la nuit et plus particulièrement des premières heures du matin. Les algues et les plantes aquatiques produisent de l’oxygène par photosynthèse lorsqu’elles reçoivent de la lumière. Pendant la nuit, cette production d’oxygène s’arrête. Les processus qui consomment de l’oxygène, eux, continuent. Le taux d’oxygène peut donc diminuer au cours de la nuit. Un bassin qui semble parfaitement normal le soir peut présenter des valeurs d’oxygène nettement moins bonnes au petit matin. C’est pourquoi l’aération du bassin ne doit pas fonctionner uniquement pendant les heures les plus chaudes de la journée.
L’aération doit fonctionner en permanence, 24 heures sur 24.
À 30 °C, réduis nettement la nourriture
L’alimentation constitue un autre point important. Les Koï continuent souvent à montrer de l’appétit lorsque l’eau est chaude. Cela ne signifie toutefois pas automatiquement que tu dois continuer à les nourrir normalement. Le Koï ne sait pas quelle réserve d’oxygène est encore disponible dans ton bassin. Lorsque la température de l’eau approche ou dépasse les 30 °C, nous recommandons de réduire nettement la quantité de nourriture. Moins de nourriture soulage les Koï et réduit simultanément la charge organique de l’ensemble du système. Les excréments sont moins importants et il y a moins de matières à dégrader biologiquement. Or ces processus de dégradation consomment eux aussi de l’oxygène.
Continuer à nourrir fortement un bassin très peuplé à 30 °C comme on le ferait à 24 °C peut exercer une pression supplémentaire sur un système déjà fortement sollicité.
En cas de manque d’oxygène aigu, il ne faut plus nourrir du tout.
Il faut d’abord stabiliser le taux d’oxygène et identifier la cause du problème.
«Le bassin fonctionne comme ça depuis des années» n’est pas une garantie
Nous entendons également souvent cette phrase:
«Le bassin fonctionne comme ça depuis dix ans.»
C’est tout à fait possible. Mais un bassin à Koï n’est pas un système statique. Les Koï grandissent. Quelques kilogrammes de poissons peuvent devenir 30, 50 kg ou davantage au fil des années. La quantité de nourriture distribuée augmente et la charge biologique aussi. Il suffit alors de quelques journées exceptionnellement chaudes pour qu’un système d’oxygénation qui semblait suffisant pendant des années atteigne soudainement ses limites. Le bassin peut fonctionner longtemps sans présenter de problème visible. Mais lorsque l’équilibre entre l’apport et la consommation d’oxygène bascule, les Koï peuvent présenter des symptômes marqués en très peu de temps. Le manque d’oxygène est un facteur de stress et sollicite inutilement les Koï. Il peut également rendre les poissons plus vulnérables à d’autres maladies.
Observe attentivement tes Koï pendant cette chaleur
En ce moment, n’observe pas tes Koï uniquement au moment de les nourrir.
Comment se tiennent-ils dans l’eau?
Respirent-ils tous calmement?
Les opercules des branchies bougent-ils nettement plus rapidement?
Les Koï se regroupent-ils près d’un retour d’eau ou dans des zones où l’eau est fortement brassée?
Contrôle la température de l’eau avec un thermomètre et ne te fie pas uniquement à ton ressenti.
Lorsque la température approche les 30 °C, tu devrais fortement réduire la nourriture et prendre l’aération beaucoup plus au sérieux que lorsque les températures de l’eau sont modérées.
Et surtout:
Aère directement le bassin, pas uniquement le filtre. Les deux doivent être aérés en permanence.
Une pompe à air puissante, des conduites d’air de grand diamètre et des diffuseurs adaptés représentent un investissement très faible par rapport à la valeur d’un groupe de Koï.
Après les urgences que nous avons observées ces derniers jours, nous souhaitons donc le répéter très clairement:
N’attends pas, pendant ces fortes chaleurs, que les premiers Koï viennent chercher de l’oxygène à la surface ou commencent déjà à perdre l’équilibre.
Si tes Koï restent léthargiques juste sous la surface et font circuler en permanence de l’eau à travers leurs branchies, prends ce comportement au sérieux.
En cas de manque d’oxygène, il faut agir immédiatement.
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